Le projet CASTOR vise à étudier comment les couverts végétaux peuvent être associés aux cultures céréalières pour réduire le besoin en intrants (engrais, pesticides notamment) et proposer des modèles agricoles plus durables.

Pourquoi cette thématique de recherche ?

Depuis plusieurs années, nous travaillons sur les légumineuses comme couverts végétaux ou « plantes de services » car elles sont très utilisées en agriculture pour leur qualité de protection et d’amélioration des sols, mais aussi d’engrais naturels.

Avec le projet CASTOR, nous souhaitons avoir une démarche participative et se baser sur des pratiques de terrain en étroite collaboration avec les agriculteurs et les autres acteurs du monde agricole. Comment sont utilisées ces plantes aujourd’hui ? Dans quel objectif ? Quelles sont les pratiques innovantes ? C’est à partir de cet état des lieux que nous allons construire nos travaux de recherche. Nous souhaitons nous entourer le plus possible de ces acteurs au plus près du terrain : agriculteurs, coopératives, conseillers…

Terra Isara finance ce programme car cela s’inscrit dans la continuité des recherches et actions de Terra Isara pour de nouvelles méthodes concrètes de diminution des intrants en cultures agricoles (herbicides, engrais azotés,….).
Ce programme répond aux problématiques actuelles de l’agriculture et tente d’apporter des réponses agro écologiques. De plus, la démarche participative, intégrant tous les acteurs, notamment les agriculteurs, correspond au souci de Terra Isara de voir des recherches au plus près des attentes du terrain. Tout cela est cohérent par rapport à notre engagement.

Quels sont les enjeux de ce programme de recherche ?

L’enjeu de ce programme de recherche est de comprendre le comportement de ces couverts végétaux en association avec des cultures céréalières (Blé, maïs, colza…). Les légumineuses, sont à la base des couverts que nous souhaitons étudier, notamment parce qu’elles sont largement utilisées en agriculture du fait de leur capacité à développer une symbiose avec certaines bactéries du sol, qui leur permet de capter l’azote de l’air. L’idée est donc de profiter de cette propriété mais aussi de mélanger ces légumineuses avec d’autres espèces, d’autres familles végétales qui pourront jouer d’autres rôles intéressants.

Les recherches sont en cours sur la phase d’expérimentation terrain pour la 2e année. Nous travaillons avec une dizaine d’agriculteurs motivés en bio ou non sur une zone couvrant une large gamme de sols, de climats mais aussi de systèmes de production agricole. Le terrain est un vrai appui car il permet d’identifier les techniques efficaces dans différents contextes, d’évaluer les services fournis par les couverts et donc de proposer des résultats concrets et utiles aux agriculteurs intéressés.

Des documents ressources destinés aux agriculteurs, conseillers et coopératives vont être réalisés. Des ateliers d’échanges vont également être animés. C’est un projet très tourné recherche/action où les agriculteurs testent le dispositif ce qui permet de construire ensemble les prototypes de couverts de demain au plus près du terrain. 

La particularité de ce projet repose sur le fait que nous sommes partis d’une innovation existante chez les agriculteurs et nous avons étudié ce que la recherche pouvait apporter à ce projet. C’est une technique subtile car nous remplaçons les intrants par du vivant, c’est donc plus aléatoire avec une prise de risque que nous devons minimiser. Le changement climatique est très prégnant sur ce projet et nous devons adapter nos systèmes pour y faire face. La conduite des couverts peut être une réponse à ces changements climatiques et il y aura certainement un projet de recherche à développer en ce sens dans le futur. Le projet se terminera l’été prochain en 2023.